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Caron … since 1904

Poivre en 1954

Poivre en 1954

C’est en 1904, grâce au génie et au talent d’Ernest Daltroff, que la maison  ouvre ses portes au 10 rue de la Paix. Porté par une sensibilité olfactive exceptionnelle, cet homme allait entraîner sa marque vers une ascension extraordinaire en France comme dans le monde entier. Son amour non avoué pour Félicie Vanpouille fut toujours d’une influence considérable sur ses créations.

En 1916, la guerre fait rage, « N’AIMEZ QUE MOI » deviendra le coup de cœur que les soldats utiliseront pour ne pas se faire oublier de leur bien-aimée. En 1919, « TABAC BLOND » est créé pour oublier l’odeur du tabac froid des femmes qui découvrent le fume-cigarette.

En 1922 “NUIT DE NOEL” : témoin des années folles et dont le seul nom suffit à évoquer la magie d’une nuit féerique. Une fragrance riche et complexe aux effluves orientales où se mêlent la rose, l’ylang-ylang, les bois précieux et la mousse de Saxe. Dédié à toutes les femmes sophistiquées et mystérieuses. C’est de cette époque, avec l’arrivée du Michel MORSETTI, que datent les grands parfums CARON comme “NARCISSE BLANC”, variation sur le jasmin, la fleur d’oranger et la rose.

En 1927 “BELLODGIA” du nom d’une petite ville italienne sur le lac CÔME et “POIS DE SENTEUR” un savant dosage de fleurs blanches et de musc.
En 1930, « EN AVION » est dédié à LINDBERGH pour sa traversée de l’Atlantique et aussi à Adrienne BOLLAND, Hélène BOUCHER, Maryse BASILE qui ont, elles aussi, contribué à la formidable histoire de l’Aérospatiale…
Suivent deux très grands classiques : “FLEURS DE ROCAILLE” en 1933, une brassée de fleurs fraîches sur fond d’ambre et de bois précieux et “POUR UN HOMME” l’un des premiers et plus beaux parfums masculins en 1934, un cocktail des plus belles lavandes de Provence sur fond d’ambre et de musc.

CARON ne reste pas insensible aux plaisirs du gai PARIS et crée en 1936 “FRENCH CANCAN” un bouquet de fleurs voluptueuses.
“ALPONA” associe en 1939 pour la première fois les fleurs au citron et au pamplemousse, une fragrance fraîche et acidulée d’une étonnante modernité.

En 1941, en pleine guerre, il compose “ROYAL BAIN DE CHAMPAGNE” pour satisfaire les caprices d’un millionnaire californien, un oriental doux, magie et mystère de l’encens et du benjoin…
Né en 1947, FARNESIA, un soliflore mimosa évoque le Palais Farnese de ROME. “ROSE” évoque la délicatesse d’un bouton cueilli à l’aube. Une fragrance précieuse due à 30 essences naturelles recherchées, un délicieux parfum tout en nuances et subtilités.

Pour le 1er mai 1952 est crée “MUGUET DU BONHEUR” soliflore muguet, une fragrance fleurie et délicate pour fêter l’éclosion du printemps puis ce fut en 1954 un très épicé “POIVRE” qui donnera une eau de COLOGNE poivrée au nom de “COUP DE FOUET”.

En 1962 vente de la société à la disparition de ses créateurs et l’histoire continuera dans la tradition.
Aujourd’hui la marque compte plus de 30 parfums exceptionnels par leur richesse, leur construction olfactive et la forme de leurs flacons. Le parfumeur a su acquérir une notoriété internationale. Plus qu’un simple nom, c’est une signature dans le monde de la parfumerie.

Consonne… Voyelle… Deux initiales, L U

Lu en 1956 par gruau

Lu en 1956 par gruau

L et U, suffisent pour désigner une marque plus que centenaire ! Jean-Romain Lefèvre, pâtissier, et son épouse Pauline-Isabelle Utile s’installent rue Boileau à Nantes, en 1846. La Fabrique de Biscuits de Reims et de bonbons secs devient rapidement LU et la société du même nom est fondée le 1er février 1887. C’est à Louis, leur troisième fils, que l’on doit une des plus belles réussites de l’industrie alimentaire française.
Il crée, en 1886, le fameux Petit-Beurre LU qu’il dessine à la main en s’inspirant d’un napperon de sa grand-mère. Prophétique, il annonce :  » Je crois que je viens de mettre au point un produit promis à un grand avenir « . On lui doit également, en 1905, la fameuse Paille d’Or, gaufrette au jus de framboise dont il dessine la forme en stylisant une botte de paille.
Au début du xxe siècle, la société LU propose près de deux cents sortes de biscuits ! Les plus grands affichistes de l’époque prêtent leur talent : Mucha, Benjamin Rabier, Cappiello, sans oublier Firmin Bouisset qui choisit son fils Michel comme modèle pour le  » petit écolier « . Après une période de relative stagnation – les années trente – la société renoue, après la Seconde Guerre mondiale, avec le dynamisme. Au cours des années cinquante, la quatrième génération des Lefèvre-Utile prend les rênes de l’entreprise. Rénovation de l’image, production de masse et internationalisation sont orchestrées par Patrick Lefèvre-Utile, directeur du développement, de 1956 à 1968.
La boîte en fer disparaît au profit du papier d’aluminium. Et on doit au célèbre designer Raymond Loewy le logo LU : deux lettres blanches et allongées sur un rectangle rouge. Présent sur chaque spécialité, le logo LU se déguste aussi bien sucré que salé. Avec les Picklu, Sticklu, Cracklu (snacks salés) et Figolu (sucré), la marque crée son propre vocabulaire.

3 thèmes maintenant dispo !

Enfin dispo, 113 marques réparties sur 3 thèmes :-) Ceci représente pour le moment (des mises à jour seront à prévoir !) 3252 pages de publicités trouvées dans les revues de presse entre 1900 et 1960. Mes préférées seraient du côté de Panhard, Bébé Nestlé ou encore Byrrh et sa quantité astronomique de versions de créations… mais elles sont toutes à découvrir car la richesse graphique est surprenante ! (quand on pense qu’à l’époque, les illustrateurs faisaient tout à la main !!)

Automobile
Alimentation
Boisson

Bonne Balade ;-)

A suivre, la cosmétique !

Magnifique Panhard & Levassor

Publicité par Alexis Kow

Publicité par Alexis Kow 1932

Vers 1800, le Breton François-René Penhart vint à Paris travailler comme sellier, puis comme carrossier. Son fils Adrien Panhard développa les affaires, et se lança, avec succès, dans la location de voitures hippomobiles.

Jules Perin, découpeur de bois chez les « Meubliers du faubourg », déposa, en 1845, le brevet d’un guide-lame de scie, et devint fabricant de machines à bois de divers types: scies, dégauchisseuses, mortaiseuses… En 1867, Perin s’associa avec René Panhard, devenu centralien, pour fonder la « Perin, Panhard & Cie ».

René Panhard fit appel, en 1873, à l’ingénieur Émile Levassor, son condisciple de l’École Centrale; ils s’intéréssèrent aux moteurs à gaz à partir de 1875, et leur production en série débuta l’année suivante. Le représentant pour la France des moteurs à pétrole de Gottlieb Daimler, Édouard Sarazin, entra en contact avec Émile Levassor. Ce dernier épousa, en 1890, la veuve d’Édouard Sarazin, et commença la production sous licence des moteurs Daimler, puis la construction de voitures à pétrole, sous la marque Levassor; la raison sociale de l’entreprise était devenue « Panhard & Levassor », Émile Levassor ayant succédé à Jules Perin.

En 1891, débuta la production industrielle des automobiles Panhard & Levassor, et leur production civile fut interrompue en 1967. La division des machines à bois Perin-Panhard avait été vendue en 1952.

Byrrh et l’annonce presse

Byrrh par Georges Leonnec - 1932Aux environs de 1860, deux jeunes frères, issus d’une modeste famille de cinq enfants dont le père était muletier, décident de quitter leur village natal pour la plaine du Roussillon. Simon et Pallade Violet exercent d’abord la profession de marchands ambulants, vendant sur les marchés tissus et articles de mercerie. Puis ils s’installent à Thuir, où ils ouvrent un magasin de pièces d’étoffe et de draps. En 1866, désireux de participer à leur façon à la fièvre vinicole qui gagne alors la région thuirinoise, ils achètent une petite cave dans laquelle ils vont s’efforcer d’élaborer un vin apéritif aromatisé au quinquina. Une fois mis en bonbonnes, le produit est commercialisé auprès des pharmaciens, les vertus toniques de cet apéritif le faisant considérer à l’époque comme un médicament
Ils s’aperçoivent de la nécessité pour eux de donner un nom à leur produit, et il semble que le hasard ait joué un rôle non négligeable dans leur choix : si l’on en croit l’hypothèse la plus souvent admise, les frères Violet auraient porté les yeux sur un coupon d’étoffe (n’oublions pas que la vente de tissus était encore leur activité principale) ; or ces coupons étaient traditionnellement référencés avec des lettres. Ils tombent donc sur les lettres B.Y.R.R.H, et décident de les adopter pour donner un nom à leur apéritif. Avec le recul, on s’aperçoit qu’il s’agissait d’un nom à double tranchant : pour les Catalans et la plupart des Méridionaux, pas de problème, on se trouve en présence d’un mot dont la consonnance évoque celle du vin ; par contre, chez les Anglo-Saxons, on pense automatiquement à la bière, ce qui explique en partie les difficultés que la marque a toujours rencontrées dans ses exportations. Cela dit, le Byrrh est bien lancé, et les résultats dépasseront toutes les espérances !

Vous découvrirez dans la collection d’annonces presse une période particulièrement fournie de 1930 à 1950 … Georges Leonnec en est principalement l’auteur et il produira pendant 30 ans, quasi 2 publicités différentes par mois. Une performance qu’on aurait du mal à tenir de nos jours :-)

Du beau, du bon, Dubonnet

Dubonnet par Cappiello 1932Les apéritifs sont nés durant le 19ème siècle en parallèle aux habitudes gastronomiques en cours : une boisson qui ouvre l’appétit, et plus particulièrement à base de plantes peu amères dont l’amertume stimule la sécrétion gastrique

C’est en 1846 que Joseph Dubonnet à l’idée de créer le breuvage qui portera son nom. Il associe trois cépages de vin, le grenache, le muscat et le carignan et leur ajoute une sélection d’aromates et de plantes à la composition tenue secrète. On y trouve du quinquina, écorce de l’arbre du même nom en provenance d’Amérique du Sud et dont on extrait la quinine, utilisée en médecine comme traitement du paludisme. S’y retrouvent aussi de la cannelle, du cacao, du café vert, du colombo et de l’écorce d’orange amère. Le subtil mélange s’obtient après trois années de mûrissement en fûts de chêne.

Connaissez-vous l’histoire de Perrier ?

1931Tout commence avec les romains lors de l’occupation romaine de la Gaule. On a aménagé une source d’eau gazeuse au lieudit ?Les Boullens? près de Vergère entre Nîmes et Montpellier dans le Gard. Au XIXème siècle, un décret de Napoléon III classera cette eau minérale provoquant son exploitation en tant qu’établissement thermal.

Puis en 1898 le Docteur Perrier rachète la source, transforme les thermes en société des eaux minérales, boissons, produits hygiéniques de Vergère et créera une bouteille avec un bouchon capable de contenir une eau comprenant trois fois son volume en gaz. Il sera cependant obligé de vendre sa source en 1903 à John Harmsworth qui par reconnaissance lui donnera le nom du Docteur Perrier. A l’époque cet anglais fait de la gymnastique avec des massues en forme de quilles. Il aura l’idée de redessiner la bouteille Perrier sous cette forme. Etant anglais et ayant la fibre du commerce il cherchera à développer ce produit dans tout l’empire britannique. Ce qui l’amènera à se voir nommer fournisseur breveté de sa majesté le roi d’Angleterre. La porte des indes sera ouverte et en conséquence, notre anglais va donc relier son usine à une voie de chemin de fer. Nous sommes en 1908 et la production obtenu est de 5 millions de bouteilles par an. En 1933 à sa mort, la source produira 19 millions de bouteilles dont 10 à l’export.

Puis elle sera réquisitionnée par les nazis et se mettra à décliner. En 1947 Gustave Leven, un parisien agent de change la rachète. Il a un ami romancier à qui il demande de s’occuper de la communication. Son nom c’est Jean Davras. Celui-ci décidera de faire de l’humour, inventera le slogan ? Perrier c’est fou ? et passera en 4 ans le volume de production à 150 millions de bouteilles. Aujourd’hui, 55 ans plus tard, Perrier c’est 800 millions de bouteilles, 25 % PDM des eaux gazeuses, des versions aromatisées et même SODA avec Perrier Fluo aux goûts particuliers: agrume, citron, citron vert, kiwi, etc. Cette réussite de PERRIER c’est fou non ??
par P. Thiberge (26/10/2007)